vendredi 17 juillet 2015

Matricaire odorante et milllepertuis!

Disons-le tout de suite, je trouve difficile d'approfondir ses connaissances en cosmétique naturelle sans devoir en apprendre plus sur les plantes médicinales. Faire un onguent à partir d'un macérat de calendula, par exemple, et voir la peau s'améliorer à vue d'oeil, c'est bien plus vendeur que tout ce que l'industrie cosmétique essaie de nous faire gober, oui oui!

Contente de mes premières expériences avec des macérations de plantes, j'ai décidé d'ajouter 2 belles fleurs disponibles en masse dans notre nature de juillet : la matricaire odorante et le millepertuis. La matricaire odorante, c'est une camomille. Pourquoi odorante? Parce qu'elle sent ... l'ananas! On marche dessus sans arrêt sans la voir. Je me souviens, petite, ma mère nous disant d'en cueillir pour en faire des tisanes qui servaient au rinçage des cheveux pour nous blondir davantage. On la cueillait sans égards et on en écrasait la "boule jaune" pour se humer les doigts, un délice!

*Update 26 juillet 2015* En ce qui concerne ses propriétés apaisantes, je me suis fiée à plusieurs sources qui attribuent à cette matricaire les mêmes propriétés qu'à la camomille matricaire (aussi appelée camomille allemande).

La voici, cette douceur :


Ici, le millepertuis en train de sécher.


La matricaire odorante au séchage


La matricaire ayant séché un peu plus de 24 heures, je l'ai presque broyée au ciseau et recouverte d'huile de jojoba biologique. J'en fais une toute petite quantité. 



Je mets au bain-marie. Parallèlement, j'ai mis le millepertuis quasi frais, grossièrement haché et recouvert d'huile de coco fractionnée dans une fenêtre ensoleillée pour démarrer. L'idée de la marguerite, je l'ai vue ici


Ici un essai de contrôle de la température, mais même au plus bas, ça montait au-delà de 40ºC. Ne vous laissez pas berner par la photo ;) Idéalement, ça reste entre 38ºC et 40ºC, si je me fie aux indications de Christophe Bernard.


J'ai finalement décider de mettre le millepertuis et la matricaire côte à côte dans la mijoteuse, au bain-marie, sur la marguerite à "KEEP WARM". Même LOW est trop fort.


J'ai recouvert pour protéger de la poussière et j'ai vérifié la température régulièrement.


J'aurais laissé macérer plus longtemps, mais à cause de circonstances imprévues, j'ai dû filtrer après 6 jours de bain-marie pour la matricaire et 5 jours pour le millepertuis. Ici, c'est le deuxième filtrage, avec filtre à café dans passoire fine.



La couleur est quand même belle. Je savais que l'huile de millepertuis allait donner une huile rouge et ça faisait plaisir de passer de la connaissance intellectuelle à l'expérience vécue.



Voilà! C'est très inspirant et apaisant, ce contact avec la plante et ce processus. J'espère que cela saura vous inspirer à votre tour.

Je les mentionne à chaque article, mais je partage mes sources et inspirations

6 commentaires:

michele a dit…

C'est un régal de lire tes fabrications.
Je ne connais pas cette camomille qui sent si bon, ça donne envie d'aller à sa recherche.

Pourquoi sèches-tu ton millepertuis avant de le faire macérer? Ici je mets les sommités fleuries directement dans l'huile, ça ne tourne pas du tout.

Sabrina Kulenovic a dit…

C'était ma première fois avec du millepertuis :) En fait, je rentrais en ville seulement le lendemain et tant qu'à le voir s'affadir, je l'ai mis tête en bas avec l'achillée millefeuille. Je venais de lire Christophe Bernard et ses macérations avec plantes "quasi fraîches", je m'en suis inspirée.
Et oui, cette matricaire sent vraiment bon. Ici, elle est perçue comme une mauvaise herbe. Tu me diras si tu en trouves?

venezia a dit…

Coucou Sabrina,

Ta camomille odorante à l'ananas, (ou matricaire discoïde), j'en avais trouvé en bouquet un jour au marché de l'île de Madère! Effectivement, elle sentait très bon.
(j'en avais même fait un article, tant elle m'avait plu!)
Pour le millepertuis, je viens aussi d'en ramasser en Lorraine, mais comme c'était la fin de floraison (et partout, j'ai lu qu'il valait mieux faire des macérats huileux avec des fleurs en début de floraison!) , je l'ai transformé en teinture en mettant les fleurs dans un petit bocal,. J'ai recouvert d'alcool à 95, secoué, et hop, le lendemain matin, j'ai eu un liquide d'un rouge foncé incroyable.
J'utilise beaucoup les teintures, à hauteur de 1 à 2% maxi dans les laits et crèmes et jusqu'à 10% dans les baumes. 

Sabrina K. a dit…

Ça me plairait beaucoup de lire cet article, tu pourrais me donner le lien si tu as 2 minutes?
Jusqu'à maintenant, mes essais avec des extraits à base d'alcool dans des baumes à lèvres se sont soldés par des échecs.
Je ne renonce pas, essai / erreur, on va y arriver :)
Cette matricaire est folle : elle pousse là où on piétine sans arrêt et sur les sols rocailleux, là où passent les roues de voiture. Je me suis fait la réflexion, après l'article de Christophe Bernard sur son blog au sujet de la matricaire allemande, que sa description de la personnalité "camomille" correspond bien à sa façon de pousser en s'offrant aux pieds des passants pour être piétinée :D
Je ne suis pas satisfaite de la macération, qui rend un peu trop l'odeur des feuilles et pas assez celle de la fleur. La prochaine fois, je ne fais macérer que les fleurs. On apprend!

michele a dit…

Et bien curieusement moi j'adoooore le parfum que tu as obtenu!
C'est une odeur bien sucrée, pourtant on y reconnait la matricaire qui me semble t-il est l'une des plantes la plus agréable olfactivement en macérats huileux.

J'imagine donc le parfum direct des fleurs...

Merci Sabrinak!

venezia a dit…

Sabrina,

je ne mets jamais d'alcool dans les baumes à lêvres pour éviter l'effet desséchant. dans les autres baumes , oui, mais il faut un co emulsifiant (cetyl esters, emulsifiant VE par ex. ) pour pouvoir incorporer l'alcool, qui est une phase aqueuse. Très peu suffit Ou alors, il faut fabriquer un cérat!
Si tu obtiens un macérat bien vert, c'est que ta camomille est très riche en azulène! Veinarde.