samedi 10 juin 2017

Baume au plantain en stick

Nous savons, au Québec, que lorsque l'eau monte au printemps et crée des zones d'eaux stagnantes, il est à prévoir que la quantité de moustiques augmentera proportionnellement (grrr) 😡

Cette année, j'ai pensé que je répéterais l'expérience du baume au plantain, mais en stick. Ayant pu constater son efficacité, je me fais une version adulte à traîner dans son sac. Ce produit n'est pas pour les enfants, à cause des huiles essentielles contenues dans la formule.

*Les huiles essentielles sont puissantes et il ne faut pas prendre les contre-indications à la légère. Ce ne sont pas que de simples arômes, ce sont des concentrations de molécules puissantes et potentiellement toxiques. La prudence est de mise!*

Le baume est surtout prévu pour apaiser les piqûres de moustiques, mais il peut aussi apaiser les petits problèmes cutanés, comme les brûlures ou les petites blessures, mais pas les plaies ouvertes. La proportion de cire d'abeille est assez élevée, car je veux concentrer les effets sur la surface de la peau. La cire, avec son effet occlusif, est parfaite pour atteindre ce but.

Pour faire la macération de plantain, je vais vous expliquer comment je procède, mais tout est pris sur l'excellent blog de l'herboriste Christophe Bernard.

On commence par cueillir quelques jeunes feuilles fraîches dans un endroit protégé de la pollution. On laisse sécher jusqu'à ce qu'elles flétrissent un peu, mais sans être cassantes. Ensuite, on coupe en petits morceaux et on mouille avec de l'alcool à 94%, qu'on peut trouver à la SAQ au Québec. On laisse reposer environ 2 heures. On met les feuilles dans un mélangeur, on couvre d'huile végétale et on mélange, en prenant soin d'enlever le couvercle pour laisser l'alcool s'évaporer. On laisse le mélangeur travailler jusqu'à ce que l'huile soit chaude (on le sent en touchant le contenant). On filtre et si nécessaire, on chauffe légèrement au bain-marie pour laisser ce qui reste d'alcool s'évaporer complètement.

Pour les détails et quantités, voyez le blog mentionné ci-haut, sous "macération avec intermédiaire alcoolique".


Coupées


Mouillées à l'alcool








À elle seule, cette macération m'a donné des résultats intéressants en l'appliquant directement sur la peau. Bon, d'accord, pas aussi spectaculaires que la plante mâchée et appliquée directement, c'est pour cela que je choisis de booster l'effet avec l'ajout des huiles essentielles, dosées à 5% de la formule.

La lavande vraie, pour son effet apaisant et cicatrisant (et son odeur hmmm)
La lavande aspic, pour sa redoutable efficacité sur les piqûres et les brûlures
La menthe poivrée, pour son effet "fresh" et antalgique
Le tea tree, pour son effet antibactérien
L'estragon pour son effet anti-inflammatoire et anti-allergique


La formule du baume en stick, en % :

65% Macérat huileux de plantain
25% cire d'abeille
5% Beurre de cacao désodorisé ou tout autre beurre de votre préférence
5% Huiles essentielles divisées comme suit :
1% lavande vraie
1,3% lavande aspic
1,3% menthe poivrée
1% tea tree
0,4% estragon

Le mode opératoire est simple et rapide : on fait fondre le tout, on ajoute les HE et c'est tout. Cependant, je fais attention de ne pas surchauffer la macération, en faisant fondre d'abord le beurre et la cire, puis en ajoutant tout doucement l'huile. À ce moment-là, on peut arrêter le feu et brasser constamment. La chaleur du bain-marie suffit souvent. Avant d'ajouter les HE, j'ai l'habitude d'enlever le contenant du bain-marie et laisser tempérer un peu. On brasse bien et on coule dans les tubes.


Avis aux lecteurs et lectrices au Canada : je fais ce baume pour mon entourage et moi-même seulement. Selon les lois canadiennes, si on voulait vendre ce produit, il faudrait faire les démarches pour obtenir un NPN (numéro de produit naturel) à cause de la proportion d'huiles essentielles qu'il contient. À bon entendeur, salut!

mercredi 19 avril 2017

Une rose pour toi...

Il fallait que j'essaie...
Je n'invente rien...

J'avais vu ceci à une époque je faisais mes premiers savons.
Il me fallait ce moule!
Alors, j'ai guetté les variations de prix sur un site de vente et lorsque ça m'a semblé "raisonnable", je l'ai commandé.

Maintenant, je l'ai, ce moule!
Et des micas... (merci à celle qui me les a envoyés!)
Et une recette...
Et un peu de temps... (c'est ce bout-là le plus précieux à mes yeux)



La formule :

Huile d'olive raffinée Bertolli 68%
Huile de babassu 18%
Beurre de karité 7%
Huile de palme 7%

Eau déminéralisée et soude pour un surgras de 8%

Mélange de fragrances florales : lavande anglaise, néroli, jasmin et rose
Dioxyde de titane dilué dans un peu d'eau pour blanchir la pâte *encore plus*

Recette doublée pour m'amuser - je voulais aussi comparer les couleurs et l'odeur entre SAF et SAFour - et faire des savons de formes différentes, pour explorer...

D'abord, je suis allée fouiller dans le matériel de dessin / peinture des enfants et j'ai trouvé 2 pinceaux que j'ai affiné en utilisant des ciseaux de coiffure, pour avoir une pointe plus fine et plus droite. Vous en faites pas, mes enfants ne le remarqueront même pas, les belles activités artistiques que je propose étant plutôt une corvée pour eux 😏


Ensuite, je me suis mise au travail, feuille par feuille, bouton de rose par bouton de rose, rose après rose... Du vert, du rose et du rouge...





Puis parallèlement, j'ai préparé mes couleurs pour mon "expérience" SAF vs. SAFour...


Ne restait qu'à faire le savon (ceci inclut toutes les étapes qu'on connaît), mettre de côté une partie de la pâte émulsionnée pour mon expérience, obtenir une trace légère puis verser doucement dans le moule au fond de roses. Je ne pouvais pas mettre ce moule au four, le silicone chauffe trop et j'aurais eu des bulles partout. C'est donc un bon vieux SAF 😊


Ensuite, je suis revenue à mes couleurs, j'ai brassé un peu pour bien amalgamer les couleurs dans la pâte, puis j'ai versé une partie dans des petits moules à pain en silicone, puis l'autre partie dans un moule silicone-dans-boîte-de-bois, qui, je trouve, fonctionne très bien en SAFour. Honnêtement, je suis consciente de la longueur de la dernière phrase, mais je ne vois pas où couper 😂

Puis attendre... Le SAFour était démoulé et coupé en 4 ou 5 heures. Observation personnelle : l'huile de babassu durcit le savon comme le fait le beurre de cacao, tout en donnant une mousse abondante et riche, un vrai coup de coeur!


J'ai dû me résigner à attendre presque 24 heures pour démouler et couper le reste. Voici d'abord ce que je constate entre SAF et SAFour, mais je ne sais pas si les photos sauront bien rendre mes observations :

1- Le blanc du SAFour est plus blanc, un peu translucide.
2- Le rouge est plus vif en SAFour
3- L'odeur du SAFour est plus intense
4- Le SAFour est plus dur et plus brillant
5- Dans le SAF, je retrouve ces petits points blancs du karité sur la surface du savon, mais pas dans le SAFour

Quelques photos (oui oui je sais, vous voulez voir l'autre savon. Ça s'en vient!). Le SAFour est le plus gros des 2 savons sur chaque photo.


Et maintenant, démouler, être émue par ces roses si simples et ce savon qui me donne envie de retourner en enfance pour jardiner avec ma grand-mère...




Et vous, avez-vous des inspirations printannières?

mardi 28 mars 2017

Beurre corporel fouetté, amor mío!

Il me fait plaisir, après plusieurs essais, de partager la formulation d'un beurre corporel fouetté qui explose de douceur 😊

J'avais quelques critères en tête...

1) Que ce soit le moins gras possible (on s'entend, ce n'est QUE du gras, alors ce sera gras)
2) Que je n'aie pas à me soucier de la conservation
3) Que ça répare et apaise les peaux abîmées et irritées
4) Que ça sente bon

Ainsi...

1) Une juste proportion de beurre de mangue mêlée au karité, avec une petite touche de cacao. Les beurres de mangue et cacao donnent un produit plus sec. Juste du cacao = ça durcit beaucoup trop. Juste du beurre de mangue = on perd les magnifiques propriétés réparatrices du karité. Juste du karité = à mon goût à moi, trop gras trop longtemps, ma peau ne l'absorbe pas si facilement...

2) Des gras seulement. J'ai un fouetté qui a un an et demi et il est encore impeccable. Je ne voulais pas risque d'écourter la durée de vie du produit en ajoutant de l'aloès, même si c'est tentant à petite échelle et pour utilisation rapide.

3) Karité 💖... Quoi de mieux? Ah oui, les huiles essentielles aussi!

4) Huiles essentielles : lavande, camomille matricaire et bois de rose

Les proportions :

Beurres 75%
Huiles 23%
HE 2%
Antioxydant si ajout d'une huile fragile, entre 0,1 et 0,5% de la quantité de l'huile suffit

Mes choix :

Beurre de karité 37,5%
Beurre de mangue 34%
Beurre de cacao 3,5%

Huile de calendula sur coco fractionnée 7,5%
Huile d'avoine 7,5%
Huile de son de riz 4%
Huile de jojoba 4%

HE sublime de lavande de Mary Plante (produite et distillée ici) 1%
HE camomille matricaire diluée à 3% (ben oui hein on va pas se ruiner!) 0,5%
HE bois de rose bio 0,5%

+ 0,5% de fécule de maïs OPTIONNEL - ça aide à couper l'effet gras, mais j'ai remarqué qu'en très petite quantité, ça ajoute du soyeux. C'est subtil, pas du tout obligé... J'ai essayé avec du Natrasorb et c'est encore plus intéressant...

Comment on fait?

Facile... 😉

On fait fondre les beurres à feu doux au bain-marie. Lorsque tout est fondu, on ajoute les huiles et on met au frigo. On attend. Ah oui. On attend qu'une couche mince commence à se former à la surface mais sans figer complètement. Aie-je dit qu'on attend? 😜

Lorsqu'une fine couche apparaît sur le mélange, on sort du frigo, on ajoute les HE et on fouette.


Cette façon de faire a l'avantage de réduire le temps à fouetter, ça prend presque tout de suite et ça double, voire triple de volume en moins de 5 minutes. Si on n'a pas assez attendu, ça fonctionnera quand même, mais ça sera certainement plus long avant d'obtenir une texture légère aussi séduisante qu'une bonne crème fouettée...


On empote pendant que la texture est légère. Le produit durcira dans les 24 prochaines heures pour devenir un soin craquant et fondant. Ne vous attendez pas à ce que ça reste comme cela, je vois trop de gens être déçus de la texture finale, mais en étant avisé(e), pas de mauvaise surprise!


Voici une photo d'un beurre fabriqué en janvier 2017, pour vous donner une idée de la texture finale...


C'est du bonheur! Ce beurre fouetté m'a beaucoup aidée dans la guérison des éruptions d'un zona. C'est tout indiqué pour les peaux sèches, les talons craqués, les mains gercées, etc.

Petite parenthèse sur l'HE de camomille matricaire : elle est bleue. Je vous partage une photo du mélange d'HE, qui me fait toujours vivre une petite émotion, va savoir pourquoi...


Si ce soin vous tente, allez-y avec vos préférences. Les huiles seront celles que votre peau aime et que vous avez à votre disposition. Soyez créatifs!

mardi 21 mars 2017

Fusion

Entre les explorations de la saponification à froid, les différents essais de formule, le coup de foudre avec le HP (procédé à chaud) en mijoteuse, j'ai décidé aujourd'hui de fusionner le meilleur de 2 formules qui me plaisent beaucoup, c'est-à-dire le "simplissime" et le "agrumes et calendula" en HP.

La formule :

Huile d'olive raffinée 60%
Huile de coco 15%
Beurre de karité 10%
Huile de palme 8%
Beurre de mangue 3,3%
Huile de ricin 3%
Cire d'orange 0,7%

Jus d'aloès et soude calculés pour un surgras de 5% + 1 c.à.c. de sucre + 3% (pdh) de lactate de sodium

Ajouts après cuisson :
Huile d'amande douce 1,5% du poids des huiles
Huile macérée de calendula (coco fractionnée) 1,5% du poids des huiles

HE 3% du poids des huiles divisé comme suit :
75% tangerine 5 fold
10% orange 10 fold
7,5% pamplemousse
7,5% citron 5 fold

Pourquoi la cire d'orange? Pour la couleur, bien sûr!

Pour un léger effet exfoliant qui avait été apprécié par mon entourage, j'ai broyé des fleurs de calendula séchées récupérées d'une macération et je les ai intégrées au savon au début du processus.


Voici les étapes de sa fabrication :

Peser les beurres, huiles et cires puis laisser fondre doucement à la mijoteuse.


Préparer le mélange jus d'aloès et soude, en veillant à bien diluer le sucre dans le liquide avant d'ajouter la soude.


Quand les gras sont fondus et que le mélange de soude a légèrement refroidi, intégrer la soude et mélanger jusqu'à la trace. Couvrir.


Cette fois, j'ai mis la mijoteuse au plus élevé et je suis restée proche. Ça a pris 30 minutes et la pâte était prête. C'est toujours plaisant de voir le savon traverser ses 3 étapes avant d'être prêt.

1ère étape


2ème étape


3ème étape (c'est prêt!). À ce stade, vérifier le pH. Si c'est prêt (entre 8 et 10), ajouter les huiles et les HE en mélangeant bien.


Mouler.


Attendre.
Ça sent bon chez moi, en tout cas.

Voici la coupe :



lundi 26 décembre 2016

Castille de la ruche

Je trouvais déjà le castille de Patsch super intéressant : un 100% olive pas gluant, prêt rapidement, idéal pour les peaux sensibles et la peau délicate des tout petits. Quelques événements m'ont amenée au savon dont je vous raconte l'histoire aujourd'hui. C'est pas le plus beau, mais il m'a complètement charmée.

D'abord, j'ai acheté une cire blanche en pastilles dont je ne supporte pas l'odeur. Bon d'accord, j'ai un nez de princesse : je la sentais même dans les baumes (moue de dégoût), alors il fallait trouver une façon de l'utiliser, car je n'aime pas trop jeter et j'en ai beaucoup. J'ai un "castille de Patsch" (fait au printemps dernier) sur le bord de mon évier de cuisine. Il contient 3% de cette cire : le savon est d'une dureté pas croyable et fond si lentement que je lui en veux presque...


Ensuite, j'ai utilisé du miel dans un savon la semaine dernière, pour la première fois. Je suis absolument ravie du feeling sur la peau. J'avoue que je ne suis pas fan de l'odeur du miel à l'état naturel, mais ça sent presque le caramel dans le savon. Évidemment, tout cela était fait en HP, j'ai mis 3% de miel, la moitié dans l'eau de dilution de la soude et l'autre dans les huiles avant de mélanger avec la soude. J'avais ajouté, comme dans les 2 articles précédents, du lactate de sodium et du yogourt pour garder la pâte assez fluide et faire 3 "pencil lines" avec mica argent et oxyde rouge au centre, avec passage du cintre.


L'idée d'un 100% olive avec miel et cire d'abeille a donc commencé à me titiller. J'ai appris de l'expérience précédente qu'il faut bien surveiller la cuisson, car la température monte haut et j'ai dû brasser beaucoup à découvert pour qu'elle baisse un peu.

La formule
(pour 1,8 kg d'huile)

Huile d'olive raffinée Bertolli 100%
Soude concentrée à 30% surgras calculé à 6%
Miel 3% du poids des huiles
la moitié dans l'eau de dilution et l'autre dans l'huile avant la cuisson
2 grosses cuillères à soupe de lait de chèvre en poudre
dans l'huile avant la cuisson (astuce : un petit coup de mélangeur et bye bye grumeaux!)
Lactate de sodium 3% du poids des huiles (ajouté à l'eau de la soude)
Cire d'abeille 3% du poids des huiles

Après la cuisson
HE lavande 40/42 de NDA 4% du poids des huiles
2 grosses cuillères à soupe de yogourt nature

Ce que j'aime du HP, en plus de tout ce que j'ai énuméré dans les 2 articles précédents, c'est qu'on peut faire fondre les beurres / cires dans la mijoteuse pendant que la soude tempère un peu. Cette fois, c'était la cire et l'huile qui ont chauffé lentement pendant que la soude, devenue orange cuivré à cause du miel, reposait un peu dehors... Voici une photo de la couleur, prise de mon savon précédent...


La trace a été très rapide, j'imagine que c'est à cause de la cire d'abeille. La cuisson a pu commencer...






C'est allé très vite et j'ai dû ressortir le mélangeur à main et mixer. La prochaine fois, je concentre ma soude à 28%. Ma logique, voulant qu'une réduction d'eau avec un castille ne nuirait pas à la fluiditié, n'était pas bonne. Probablement que la cire d'abeille vient changer la donne et c'est très bien comme ça. La pâte était épaisse et difficile à brasser, même avec l'ajout de yogourt et la bonne quantité de HE. J'ai dû mouler assez vite et taper très fort le moule sur le comptoir, car j'étais sûre d'avoir des trous dans le savon...

L'hiver a ses avantages, notamment celui de pouvoir mettre les savons HP dehors et les laisser refroidir là.

Pendant ce temps-là, le nettoyage est rapide et facile. Voyez la mousse de ce savon qui a mauvaise réputation à ce niveau... Je n'ai fait que rincer la mijoteuse. D'ailleurs, la présence de mousse quand on rince est un bon indicateur que le processus est réussi 😊


Démoulé et coupé 6 heures plus tard, je suis encore une fois étonnée de la dureté de ce savon. Je crois que si j'avais attendu plus longtemps, il aurait été friable. C'est probablement dû à la présence du lactate de sodium, mais il apporte une douceur dont je ne me passerais pas.

Voici mon pas-beau-mais-si-doux-qu'on-lui-pardonne-tout.



Voici ce qu'il a dans le ventre après seulement 24 heures
(merci à mon fiston pour les photos) :



L'odeur est intéressante, on sent à la fois le fond de caramel avec la lavande qui se déploie au lavage. Je suis bien contente de constater que cette lavande tient dans le savon, et encore plus en HP. En cette saison de peau sèche et irritée, ce savon est un vrai baume pour une maman qui doit se laver les mains souvent...